Flore Damien Coaching

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Comment dialoguer sans se heurter durant le confinement

En cette période de confinement, chaque mot prononcé compte. Pas uniquement la parole publique, celle censée apporter analyses et solutions à une crise sans précédent, mais aussi la parole privée. Celle que s’échangent les personnes confinées entre elles, contraintes de vivre en famille ou entre proches 24H/24H et 7J/7J sous le regard de l’autre, sous ses mots parfois ressentis comme intrusifs ou accusateurs. Ou celle que s’échangent les « confinés d’ailleurs », les amis, les relations, les collègues avec qui chacun entretient le lien via le téléphone, les messageries ou les réseaux sociaux. Autant de situations où l’incompréhension, les quiproquos, peuvent parfois prendre des dimensions critiques. Il peut donc être utile de (re)découvrir l’Américain Marshall B Rosenberg (1934-1995), docteur en psychologie clinique à l’université du Wisconsin (États-Unis), dont le livre le plus célèbre – best seller depuis plus de 20 ans – porte son projet en titre : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) aux éditions La Découverte. Sa théorie appelée Communication Non Violente (CNV), faussement simple, tient en une phrase : « Les jugements que nous portons sur les autres sont l’expression tragique de nos besoins. » Le psychologue, qui a créé le Centre pour la Communication Non Violente (CNVC) œuvrant dans une soixantaine de pays, a été fortement inspiré par les travaux du psychologue clinique Carl Rogers (1902-1987) dont il a été l’élève. La méthode élaborée par ce dernier et intitulée « l’approche centrée sur la personne » a nourri Gandhi et Martin Luther King. Loin d’être une « recette » pour pensée positive, la CNV est devenu un outil largement utilisé à travers le monde dans les domaines du travail, de la santé ou de l’éducation mais aussi sur la scène internationale dans la résolution de conflits armés. Le point avec Françoise Keller, formatrice certifiée CNV, co-fondatrice de l’Association Française des Formateurs et Formatrices certifiés en CNV (auteure de La communication Non Violente : et si on s’écoutait pour de vrai ? Inter Editions Poche, 2020).

En période de confinement, nous pouvons vite être à fleur de peau. Le premier conseil que je vous donne est d’identifier ses besoins. Que voulez-vous dire ?

La peur, l’exaspération, l’agitation… ces émotions – légitimes et naturelles – nous traversent et peuvent nous déborder. On peut avoir un proche malade ou l’être soi-même, avoir été contraint de cesser son activité, vivre dans un espace trop confiné… Les situations sont extrêmement variées. Dans tous les cas, la CNV nous donne des ressources pour pratiquer l’auto-empathie et identifier ses émotions qui ne sont ni « bonnes » ni « mauvaises », ni « négatives » ni « positives » et qu’il ne faut en aucun cas rejeter. Car, derrière elles, se trouvent nos aspirations profondes. Elles sont l’expression de nos besoins fondamentaux. Ainsi, un ou une soignant(e) qui rentre du travail très abattu(e) par ce qu’il ou elle vit au quotidien, parfois submergé(e) par des émotions douloureuses, exprime en fait son aspiration insatisfaite à prendre soin des autres, à apporter de la vie et de la joie. C’est ce besoin qui est rompu et qui génère les émotions ressenties. La personne qui, vivant confinée en famille, est exaspérée et trouve ses enfants trop « agités » par exemple, exprime son besoin fondamental de calme et de paix. Identifier ses besoins permet de mettre en place une nouvelle créativité pour satisfaire, même de façon incomplète et dans le contexte qui est propre à chacun, ce besoin fondamental. Car il n’est pas question d’y renoncer et de dire « après tout, ce n’est pas si grave » ! Ainsi, si l’on a besoin de calme, il est possible de négocier avec ses proches des plages de silence dans la journée.

Ou des plages de sortie dans le quartier. Et surtout apprendre à profiter des moments de calme et de paix ! Il me semble aussi essentiel de ressentir et d’exprimer ses joies, très importantes dans la période actuelle, comme le lien avec la nature retrouvé et le chant des oiseaux plus perceptible par exemple.

Vous dites qu’identifier ses besoins conduit à formuler une demande. Quelle est-elle ?

Parfois, nous agissons à l’encontre de nos aspirations dans la manière que nous avons de dire les choses ou d’écouter l’autre. Ainsi, celui ou celle qui a un besoin fondamental de paix peut se mettre à crier sur ses enfants. C’est une forme de violence lorsque j’agis à l’encontre de mes aspirations profondes. Au lieu d’être dans l’expression d’un reproche ou d’une critique, j’aurai plus de chance d’être entendu et de donner envie à l’autre de me rejoindre si j’exprime mes besoins et que je formule une demande concrète et réaliste, comme définir un horaire de silence par exemple. Une clé est d’éviter les généralisations (« On ne peut jamais avoir 5 minutes de calme ici ! »), la plainte (« j’en ai assez que vous ne m’écoutiez jamais ! »), la culpabilisation (« vous me mettez hors de moi !»). L’enjeu est double : s’exprimer avec authenticité et en même temps augmenter nos chances d’être entendu. LA CNV n’est pas de la manipulation : l’autre est libre de réagir comme il l’entend. Mais le fait de procéder ainsi augmente nos chances d’être compris car nous avons tous peu ou prou les mêmes besoins fondamentaux, mais nous ne les ressentons pas forcément au même moment. L’enfant peut avoir besoin d’exprimer son énergie au moment où nous avons envie de nous reposer. Cohabiter de manière non-violente consiste à rechercher une stratégie commune, qui prend en compte nos besoins fondamentaux : 10 minutes de rumba, puis 10 minutes de silence par exemple… Il est aussi étonnant d’expérimenter que l’expression et l’accueil de nos besoins, à travers une simple demande de reformulation, induit déjà un très grand soulagement, voire une forme de joie, car elle nous relie à notre besoin fondamental exprimé. Nous avons tant besoin d’être juste entendus, d’exister avec la réalité de ce qui nous traverse !

Comment peut-on aussi être à l’écoute des besoins de l’autre ?

Par l’écoute attentive, l’empathie consiste à aller voir ce qui se passe dans le monde de l’autre. Ce que l’on appelle chercher le « cadre de référence » de l’autre. Cela ne consiste pas à juger, ni à savoir qui a raison ou tort, mais revient à se poser cette question clé : qu’est ce qui apparaît si précieux pour l’autre pour qu’il agisse ainsi et dise ce qu’il dit ? Cela peut se cacher derrière des faits apparemment anodins comme de laisser trainer ses chaussures dans l’entrée au lieu de les ranger dans le placard. Plutôt que de s’emporter en disant « décidément, tu n’as aucun respect pour les autres, tu laisses toujours traîner tes affaires ! », mieux vaut s’interroger : est-ce un besoin de légèreté, de détente, de simplicité qui est ainsi exprimé ? Auquel cas, ce qui apparaissait comme un problème pourra être abordé différemment. Comprendre le point de vue de l’autre est une des bases de la CNV comme de toute médiation. C’est aussi vrai sur les réseaux sociaux, les messageries et au téléphone très utilisés en cette période de confinement. Prenons ce temps de l’écoute. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut tout accepter, minimiser, vouloir résoudre les problèmes ou consoler ! Il s’agit juste d’écouter attentivement, avec curiosité, et accueillir pleinement la parole de l’autre. Ainsi, si quelqu’un se dit affecté d’avoir été mis au chômage partiel et de se sentir ainsi inactif, il ne sert à rien de tenter de le rassurer en lui parlant de la préservation d’une partie de son salaire par exemple. C’est un autre besoin fondamental, nullement pécuniaire, qui est ici exprimé : celui de se sentir utile. Est-ce que je peux être là, à côté de lui, et accueillir le fait qu’il est frustré car il aimerait tellement contribuer et être utile et que, dans cette période, il ne sait pas comment faire ? Là encore, nous offrons à l’autre l’opportunité d’être accueilli et entendu, de prendre la mesure de ce qui l’habite.

S’agit-il donc de prendre en compte les besoins de chacun, comme en médiation ?

Oui, une communication de qualité passe par une compréhension respectueuse des aspirations, des rêves, des désirs, des besoins fondamentaux de chacun. Et c’est étonnant d’expérimenter régulièrement qu’il s’agit d’abord d’une reconnaissance authentique de nos besoins, pas toujours d’une satisfaction immédiate. Un enfant peut accepter d’interrompre son jeu si il est sincèrement accueilli dans son besoin de jouer et qu’il ne s’agit pas d’une manipulation ou d’un marchandage !

L’autre surprise c’est qu’il n’y a jamais de conflits de besoins. Nos conflits concernent uniquement les stratégies que nous avons trouvées jusqu’à maintenant pour prendre en compte nos besoins. La CNV nous ouvre un chemin pour transformer nos conflits et tensions en occasions de coopérations durables et créatives, patiemment et avec persévérance. Et je suis impressionnée d’observer la créativité qui émerge naturellement lorsque nous écoutons nos besoins profonds.

Énervement, colère, incompréhension… Pas facile de se parler sans heurts lorsque l’on est confiné 24H/24H avec ses proches, enfants ou amis. Comment limiter les conflits et établir un dialogue plus respectueux des besoins de chacun ? Les conseils de Françoise Keller, co-fondatrice de l’Association Française des Formateurs et Formatrices Certifiés en Communication Non-Violente (AFFCNV).

Comment dialoguer sans se heurter durant le confinement

En cette période de confinement, chaque mot prononcé compte. Pas uniquement la parole publique, celle censée apporter analyses et solutions à une crise sans précédent, mais aussi la parole privée. Celle que s’échangent les personnes confinées entre elles, contraintes de vivre en famille ou entre proches 24H/24H et 7J/7J sous le regard de l’autre, sous ses mots parfois ressentis comme intrusifs ou accusateurs. Ou celle que s’échangent les « confinés d’ailleurs », les amis, les relations, les collègues avec qui chacun entretient le lien via le téléphone, les messageries ou les réseaux sociaux. Autant de situations où l’incompréhension, les quiproquos, peuvent parfois prendre des dimensions critiques. Il peut donc être utile de (re)découvrir l’Américain Marshall B Rosenberg (1934-1995), docteur en psychologie clinique à l’université du Wisconsin (États-Unis), dont le livre le plus célèbre – best seller depuis plus de 20 ans – porte son projet en titre : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) aux éditions La Découverte. Sa théorie appelée Communication Non Violente (CNV), faussement simple, tient en une phrase : « Les jugements que nous portons sur les autres sont l’expression tragique de nos besoins. » Le psychologue, qui a créé le Centre pour la Communication Non Violente (CNVC) œuvrant dans une soixantaine de pays, a été fortement inspiré par les travaux du psychologue clinique Carl Rogers (1902-1987) dont il a été l’élève. La méthode élaborée par ce dernier et intitulée « l’approche centrée sur la personne » a nourri Gandhi et Martin Luther King. Loin d’être une « recette » pour pensée positive, la CNV est devenu un outil largement utilisé à travers le monde dans les domaines du travail, de la santé ou de l’éducation mais aussi sur la scène internationale dans la résolution de conflits armés. Le point avec Françoise Keller, formatrice certifiée CNV, co-fondatrice de l’Association Française des Formateurs et Formatrices certifiés en CNV (auteure de La communication Non Violente : et si on s’écoutait pour de vrai ? Inter Editions Poche, 2020).

En période de confinement, nous pouvons vite être à fleur de peau. Le premier conseil que je vous donne est d’identifier ses besoins. Que voulez-vous dire ?

La peur, l’exaspération, l’agitation… ces émotions – légitimes et naturelles – nous traversent et peuvent nous déborder. On peut avoir un proche malade ou l’être soi-même, avoir été contraint de cesser son activité, vivre dans un espace trop confiné… Les situations sont extrêmement variées. Dans tous les cas, la CNV nous donne des ressources pour pratiquer l’auto-empathie et identifier ses émotions qui ne sont ni « bonnes » ni « mauvaises », ni « négatives » ni « positives » et qu’il ne faut en aucun cas rejeter. Car, derrière elles, se trouvent nos aspirations profondes. Elles sont l’expression de nos besoins fondamentaux. Ainsi, un ou une soignant(e) qui rentre du travail très abattu(e) par ce qu’il ou elle vit au quotidien, parfois submergé(e) par des émotions douloureuses, exprime en fait son aspiration insatisfaite à prendre soin des autres, à apporter de la vie et de la joie. C’est ce besoin qui est rompu et qui génère les émotions ressenties. La personne qui, vivant confinée en famille, est exaspérée et trouve ses enfants trop « agités » par exemple, exprime son besoin fondamental de calme et de paix. Identifier ses besoins permet de mettre en place une nouvelle créativité pour satisfaire, même de façon incomplète et dans le contexte qui est propre à chacun, ce besoin fondamental. Car il n’est pas question d’y renoncer et de dire « après tout, ce n’est pas si grave » ! Ainsi, si l’on a besoin de calme, il est possible de négocier avec ses proches des plages de silence dans la journée.

Ou des plages de sortie dans le quartier. Et surtout apprendre à profiter des moments de calme et de paix ! Il me semble aussi essentiel de ressentir et d’exprimer ses joies, très importantes dans la période actuelle, comme le lien avec la nature retrouvé et le chant des oiseaux plus perceptible par exemple.

Vous dites qu’identifier ses besoins conduit à formuler une demande. Quelle est-elle ?

Parfois, nous agissons à l’encontre de nos aspirations dans la manière que nous avons de dire les choses ou d’écouter l’autre. Ainsi, celui ou celle qui a un besoin fondamental de paix peut se mettre à crier sur ses enfants. C’est une forme de violence lorsque j’agis à l’encontre de mes aspirations profondes. Au lieu d’être dans l’expression d’un reproche ou d’une critique, j’aurai plus de chance d’être entendu et de donner envie à l’autre de me rejoindre si j’exprime mes besoins et que je formule une demande concrète et réaliste, comme définir un horaire de silence par exemple. Une clé est d’éviter les généralisations (« On ne peut jamais avoir 5 minutes de calme ici ! »), la plainte (« j’en ai assez que vous ne m’écoutiez jamais ! »), la culpabilisation (« vous me mettez hors de moi !»). L’enjeu est double : s’exprimer avec authenticité et en même temps augmenter nos chances d’être entendu. LA CNV n’est pas de la manipulation : l’autre est libre de réagir comme il l’entend. Mais le fait de procéder ainsi augmente nos chances d’être compris car nous avons tous peu ou prou les mêmes besoins fondamentaux, mais nous ne les ressentons pas forcément au même moment. L’enfant peut avoir besoin d’exprimer son énergie au moment où nous avons envie de nous reposer. Cohabiter de manière non-violente consiste à rechercher une stratégie commune, qui prend en compte nos besoins fondamentaux : 10 minutes de rumba, puis 10 minutes de silence par exemple… Il est aussi étonnant d’expérimenter que l’expression et l’accueil de nos besoins, à travers une simple demande de reformulation, induit déjà un très grand soulagement, voire une forme de joie, car elle nous relie à notre besoin fondamental exprimé. Nous avons tant besoin d’être juste entendus, d’exister avec la réalité de ce qui nous traverse !

Comment peut-on aussi être à l’écoute des besoins de l’autre ?

Par l’écoute attentive, l’empathie consiste à aller voir ce qui se passe dans le monde de l’autre. Ce que l’on appelle chercher le « cadre de référence » de l’autre. Cela ne consiste pas à juger, ni à savoir qui a raison ou tort, mais revient à se poser cette question clé : qu’est ce qui apparaît si précieux pour l’autre pour qu’il agisse ainsi et dise ce qu’il dit ? Cela peut se cacher derrière des faits apparemment anodins comme de laisser trainer ses chaussures dans l’entrée au lieu de les ranger dans le placard. Plutôt que de s’emporter en disant « décidément, tu n’as aucun respect pour les autres, tu laisses toujours traîner tes affaires ! », mieux vaut s’interroger : est-ce un besoin de légèreté, de détente, de simplicité qui est ainsi exprimé ? Auquel cas, ce qui apparaissait comme un problème pourra être abordé différemment. Comprendre le point de vue de l’autre est une des bases de la CNV comme de toute médiation. C’est aussi vrai sur les réseaux sociaux, les messageries et au téléphone très utilisés en cette période de confinement. Prenons ce temps de l’écoute. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut tout accepter, minimiser, vouloir résoudre les problèmes ou consoler ! Il s’agit juste d’écouter attentivement, avec curiosité, et accueillir pleinement la parole de l’autre. Ainsi, si quelqu’un se dit affecté d’avoir été mis au chômage partiel et de se sentir ainsi inactif, il ne sert à rien de tenter de le rassurer en lui parlant de la préservation d’une partie de son salaire par exemple. C’est un autre besoin fondamental, nullement pécuniaire, qui est ici exprimé : celui de se sentir utile. Est-ce que je peux être là, à côté de lui, et accueillir le fait qu’il est frustré car il aimerait tellement contribuer et être utile et que, dans cette période, il ne sait pas comment faire ? Là encore, nous offrons à l’autre l’opportunité d’être accueilli et entendu, de prendre la mesure de ce qui l’habite.

S’agit-il donc de prendre en compte les besoins de chacun, comme en médiation ?

Oui, une communication de qualité passe par une compréhension respectueuse des aspirations, des rêves, des désirs, des besoins fondamentaux de chacun. Et c’est étonnant d’expérimenter régulièrement qu’il s’agit d’abord d’une reconnaissance authentique de nos besoins, pas toujours d’une satisfaction immédiate. Un enfant peut accepter d’interrompre son jeu si il est sincèrement accueilli dans son besoin de jouer et qu’il ne s’agit pas d’une manipulation ou d’un marchandage !

L’autre surprise c’est qu’il n’y a jamais de conflits de besoins. Nos conflits concernent uniquement les stratégies que nous avons trouvées jusqu’à maintenant pour prendre en compte nos besoins. La CNV nous ouvre un chemin pour transformer nos conflits et tensions en occasions de coopérations durables et créatives, patiemment et avec persévérance. Et je suis impressionnée d’observer la créativité qui émerge naturellement lorsque nous écoutons nos besoins profonds.

Énervement, colère, incompréhension… Pas facile de se parler sans heurts lorsque l’on est confiné 24H/24H avec ses proches, enfants ou amis. Comment limiter les conflits et établir un dialogue plus respectueux des besoins de chacun ? Les conseils de Françoise Keller, co-fondatrice de l’Association Française des Formateurs et Formatrices Certifiés en Communication Non-Violente (AFFCNV).

Un article paru dans Sciences et Avenir le 03 avril 2020.

Le Quotient Émotionnel

Quid du quotient émotionnel ou Q.E. ?

Chaque individu, de même qu’il a des empreintes digitales, possède un style émotionnel, une manière unique de se comporter dans la vie selon certains critères qui lui sont propres :

Sa faculté à surmonter les difficultés (ou résilience)

Si, en face d’événements créant déceptions, rancunes, tristesse, chagrins, vous êtes lent à récupérer, votre faculté à surmonter ces événements plus ou moins graves devra être aidée par le fait d’apprendre à prendre du recul, à relativiser pour mieux rebondir et toutes les méthodes sont bonnes que ce soit en ayant recours à des activités passionnantes, au sport, à la lecture, au cinéma, aux réunions entre amis. L’important étant de penser à autre chose pour s’éloigner de plus en plus souvent de ce qui a posé problème.

Sa faculté à garder bon moral

Notre époque est gourmande de plaisirs immédiats et s’astreindre à apprendre à patienter pour obtenir ce que l’on désire participe à l’obtention d’un plaisir supérieur car il aura été visualisé un certain nombre de jours avant de l’obtenir et paraîtra plus grand tandis que l’impression de satisfaction durera davantage.

Son aptitude à adapter ses réactions à la situation

Il s’agit là de s’exposer, dans un contexte sans danger, à une situation qu’on redoute afin d’apprendre à avoir les bonnes réactions quand elle se produira ailleurs. Si vous avez des relations difficiles avec un patron, convoquez des images mentales lorsque vous êtes chez vous le concernant afin de vous habituer à ne plus redouter les moments où vous serez en présence.

Sa capacité à repérer des signes non verbaux chez l’autre

Il s’agit là de lire le langage du corps, l’intonation de la voix, les expressions du visage. Cela s’acquiert en prenant le temps de l’observation dès que possible, dans les transports en commun, au restaurant, dans des lieux publics. Petit à petit cette intuition sociale se développera à force de l’exercer.

Ce sera d’une aide précieuse dans les relations professionnelles, sociales, familiales, sentimentales. Écouter et observer l’Autre est indispensable si l’on souhaite des relations de qualité dans sa vie.

Sa capacité à rester concentré(e)

Si vous souffrez des intrusions de l’extérieur lorsque vous êtes sur une tâche que ce soit au travail ou ailleurs, c’est que votre aptitude à la concentration est peu développée et a besoin d’aide.

Il suffira de refuser de quitter sa cible principale et de dériver d’un stimulus à un autre, de chasser toutes pensées parasites ou réponses immédiates à des appels de l’extérieur. Apprendre à dire non ou demander d’attendre à la personne qui interrompt ce qu’on fait est tout à fait possible quand on est incapable de se reconnecter rapidement sur ce qu’on faisait en réalisant plusieurs choses en même temps.

Tout le monde n’a pas cette faculté et, dans ce cas, mieux vaut rester concentré(e) sur un sujet pour le terminer que de tout entamer sans rien pouvoir achever.

L’ensemble de nos réactions face aux événements

L’ensemble de nos réactions face aux événements de la vie constitue donc notre “Quotient Émotionnel” ou “Q.E.” qui le différencie du Q.I. (Quotient Intellectuel)

Quid du quotient émotionnel ou Q.E. ?

Danemark : cours d’ empathie obligatoires !

Danemark : dans les écoles les cours d’ empathie sont obligatoires

Danemark : dans les écoles les cours d’empathie sont obligatoires

Ressentir et comprendre les émotions de son entourage : tel est le but de ces cours uniques au monde… dont la France et d’autres pays devraient s’inspirer.

Pour qu’un gamin ait toutes les chances de s’épanouir, l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et des mathématiques est quelque chose d’indispensable. Mais ça ne suffit pas. Il en faut beaucoup plus pour être bien dans ses baskets et dans sa tête. Et ça, les Danois l’ont bien compris : ce pays est le seul au monde où les écoles enseignent l’empathie ! Et si c’était ça le secret du territoire le plus heureux du monde ?

D’après le Larousse, l’empathie est définie comme « la faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent. » Autrement dit, l’empathie désigne la capacité des gens à écouter les autres et à comprendre leurs sentiments.

écoles
Danemark : dans les écoles les cours d’empathie sont obligatoires

C’est cela qu’apprennent les jeunes Danois de 6 à 16 ans, à raison d’une heure de cours par semaine, et ce depuis une loi de 1993.

Alors, bien sûr, l’empathie ne s’enseigne pas comme on enseigne la grammaire ou la règle de trois. Il n’y a pas de méthode ni de devoirs à rendre. Mais ça s’enseigne quand même.

Lors de ces cours, les élèves sont tout simplement invités à communiquer, à écouter et à échanger entre eux. Par exemple, pour trouver une solution commune à un problème ou alors pour partager un gâteau qu’ils ont fait ensemble.

Ça n’a l’air de rien mais ces moments précieux forgent les enfants pour toujours. Or, par les temps qui courent, ce n’est pas un luxe, c’est juste essentiel.

Une étude menée par l’université du Michigan, démontre en effet que les collégiens d’aujourd’hui sont beaucoup moins empathiques que ceux des années 1980 et 1990.

Raison invoquée ?

L’explosion du narcissisme et le règne du « Moi, je. »

Conséquence de ce renfermement sur soi : selon cette étude, 1/3 des collégiens seraient déprimés…

Apprendre à un enfant à ressentir les émotions de son entourage ne fait donc pas uniquement du bien à l’entourage, mais aussi à l’enfant en question : être empathique augmente ses chances de devenir un adulte heureux, épanoui et équilibré.

Pour conclure, c’est au moins aussi important qu’un cours d’anglais, de mathématiques ou de grammaires !

Si le Danemark trône à la première place des pays les plus heureux de la Terre, ça ne doit rien au hasard. Notre ministère de l’Éducation nationale pourrait en prendre de la graine, non ?

Source : “Sain et naturel”

 

Comment expliquer le succès croissant du coaching en entreprise ?

“COACHING comme COCHE, la voiture qui permet d’aller plus loin, plus vite… Entamer un coaching, c’est donc la preuve que l’on va bien et qu’on en a sous le pied !”

Comment expliquer le succès croissant du coaching en entreprise ?

 Nathalie STEINBERG

Si le coaching se déploie autant en entreprise c’est qu’il devient un support à la fonction de manager. Si l’on a pu tenter d’associer ces deux rôles dans la fin des années 90 en introduisant le « manager coach » comme une solution miracle à la recherche de performance dans un monde globalisé impliquant des changements de plus en plus fréquents et rapides, on se rend compte aujourd’hui de la réelle difficulté à combiner les deux postures.

COACHING comme COCHE, la voiture qui permet d’aller plus loin, plus vite

Tout le monde connait le mot « coaching ». Pour autant, ce qui se cache derrière ce mot demeure encore relativement flou ! Pour revenir aux fondamentaux, le mot trouve son origine étymologique dans « le COCHE».  Au 17e le coche était un véhicule tiré par des chevaux. En espagnol, “el coche” et en anglais « a coach » font eux aussi référence au véhicule. Il s’agit donc bien d’un moyen qui permet d’aller plus vite et plus loin que si l’on décidait de le faire seul.

Poursuivons dans le temps. La première illustration du « coach » tel que nous l’avons décrit est née en Angleterre, au 20ème siècle dans le milieu du tennis. Des entraineurs ont coupé avec l’usage des professeurs classiques qui imposaient à leurs élèves de reproduire strictement des gestes, quel que soit leur morphologie. Ces nouveaux entraineurs, les coaches, ont amené des sportifs à monter en compétences et à gagner davantage de matchs en leur faisant prendre conscience de leurs capacités et forces.

Entamer un coaching, c’est donc la preuve que l’on va bien et qu’on en a sous le pied !

Ainsi trouve-t-on dans cette combinaison étymologique et historique le rôle et la vocation du coaching : emmener le coaché vers ce qu’il souhaite : le podium. Nous allons voir aussi que par ses évolutions, le coaching contribue à la performance du collectif et au bonheur.

Si le coaching se déploie autant en entreprise c’est qu’il devient un support à la fonction de manager. Si l’on a pu tenter d’associer ces deux rôles dans la fin des années 90 en introduisant le « manager coach » comme une solution miracle à la recherche de performance dans un monde globalisé impliquant des changements de plus en plus fréquents et rapides, on se rend compte aujourd’hui de la réelle difficulté à combiner les deux postures.

Le manager évalue et porte un jugement sur la performance de son collaborateur, le coach a le devoir de neutralité et de non jugement. Le « manager coach » s’avère vite schizophrénique. La solution est donc de créer ce tandem gagnant, le manager et le coach. Le coach devient alors un allié ponctuel et précieux du manager pour emmener plus loin et plus vite un collaborateur ou une équipe vers la réussite et la performance dans ce contexte de changement perpétuel.

Le coaching agit sur le mental et sur le corps du coaché, processus qui libère les endorphines du bien-être

La force du coaching vient notamment de la manière dont il regarde le coaché. La neutralité bienveillante et le postulat que le coaché a les ressources en lui, désinhibe la personne qui se voit libérée du jugement et de son manque d’expérience ou de savoir-faire. Ce regard génère des émotions positives qui neutralisent et réduisent le cortisol et l’adrénaline engendrés par le stress du jugement du manager.

Or on sait que ces deux agents chimiques créés par le cerveau inhibent les capacités des individus. Le coaching, lui libère l’ocytocine (chimie de l’attachement) car il crée un lien fort : celui de la relation de coaching. Cette relation c’est le fameux « véhicule » dont nous parlions plus haut. C’est par cette relation que le coaché va pouvoir opérer les changements rapides et se sentir de plus en plus épanoui car en conscience de lui-même. Il sera à même de prendre des décisions plus pertinentes et plus en accord avec lui-même, et s’ajustera mieux développant ainsi l’agilité dont le 21ème siècle raffole ! Il s’intégrera aussi plus facilement dans le collectif qui fait son grand retour dans l’entreprise.

Depuis peu on constate que le coaching et ses dérivés peuvent apporter leur dose d’endorphines (chimie du bien-être corporel liée au toucher). En effet, les travaux sur la QVT – qualité de vie au travail – permettent la prise en compte du corps. Aujourd’hui des massages, des cours de danse, de shiatsu, d’équi-coaching sont pratiqués en entreprises. L’Ocytocine et les endorphines que ces activités déclenchent provoquent une sensation de bien-être qui concoure à libérer les capacités et donnent envie à la personne de se dépasser et d’aller plus loin. Et c’est là que tout commence !!!

 Le coaching guide vers les ressources, déclenchant la montée en performance individuelle et collective.

Le coaching et plus particulièrement le coaching systémique permet d’amener une personne ou un collectif d’un point A à un point B plus rapidement et plus durablement. Pour cela, le coaching va faire émerger les ressources que la personne ou le collectif a en elle ou lui, lui montrer ses forces et ses limites dans la situation donnée, faisant de ces dernières des opportunités de se relier aux autres et d’entrer dans un système vertueux qui au final permettra d’aller plus vite, plus loin et plus durablement que si l’on avait essayé tout seul.

L’impact du coaching et de sa version systémique concoure très largement à l’amélioration voire à la stimulation de l’énergie collective. En se connaissant mieux, le coaché interagit mieux avec les autres, trouve mieux sa place et peut être plus flexible. En coaching systémique d’une équipe, l’effet miroir révèle le « système » qu’est une équipe à lui-même, lui permettant d’en identifier les forces et limites, d’en comprendre le fonctionnement pour le faire évoluer.

Le 21ème siècle est le siècle du cerveau, c’est aussi celui où l’on cherche à introduire le bien-être dans l’entreprise. Et si aujourd’hui tant d’entreprises se cassent les dents sur ce volet, une des solutions pourrait bien résider dans le coaching.
Le coaching travaille et optimise la relation à l’autre, clé du bonheur

Comment va-t-il sur le terrain du bonheur ? le coaching s’intéresse à la manière dont la personne entre en relation avec un système relationnel (une équipe, une organisation, soi) et permet d’éclairer des mécanismes relationnels lié à une personnalité. Cette personnalité s’exprime au travers de comportements plus ou moins conscients et plus ou moins adaptés à la situation.

Pour ce faire, le coaching utilise la méta position qui permet de faire prendre conscience au coaché de la manière dont sa personnalité et ses comportements participent à la construction d’une relation. Le coaching agit ainsi sur la relation, une entité à part entière. Jacques SALOME l’avait symbolisé en parlant du 1+1=3. Par la prise de conscience, la position neutre ou basse, le coaché peut comprendre ces mécanismes et en même temps littéralement s’observer.

Le coach peut alors éclairer des comportements dont il n’a pas conscience et dans lequel le coaché se sent plus en harmonie avec lui-même transformant ainsi progressivement ses relations à autrui. Ce travail permet de développer une harmonie intérieure plus forte car plus respectueuse de ses valeurs et une empathie plus forte avec son environnement créant ainsi des relations plus constructives et plus satisfaisantes.

Or il a été démontré par le centre de recherche de HARVARD suite à une étude menée pendant 75 ans sur des personnes issues de tous milieux, qu’une relation de qualité et entretenue dans la durée était au cœur du sentiment de bonheur.

Le coaching crée du sens

Si le bonheur affectif se mesure par rapport à la quantité d’émotions positives et négatives déclarées sur une journée, il comporte aussi une dimension cognitive que l’on mesure sur 3 dimensions : l’autonomie de la personnalité, le contrôle de son environnement, le sens donné à sa vie. Or le coaching agit sur ces 3 dimensions.

La connaissance de soi permet plus d’autonomie, elle améliore la capacité à cerner et assumer ce qui est important pour soi redonnant le choix par rapport à un environnement auquel il devient possible de consciemment s’ajuster plutôt que de le subir. La possibilité de reprendre une forme de contrôle de sa vie émerge alors.  Ce pouvoir repris sur sa propre vie est générateur de mieux être. Enfin, le coaching pose la question du sens, des valeurs et de l’accomplissement jouant directement sur le 3ème facteur cognitif mentionné.

Le travail constitue une source du bonheur pour 22% de la population dans son ensemble. Chez les actifs occupés, le taux s’élève même à 37%, plaçant la vie professionnelle en tête des motifs les plus cités, juste devant la famille (36%) et les enfants (32%).

Les processus de réflexion mis en œuvre lors d’un coaching donnent à la personne coachée des outils de prise de recul qui permettent aussi de réfléchir à son équilibre pro/perso.

Les recherches menées par Martin SELIGMAN, l’un des pères de la psychologie positive et Jacques Lecomte montrent que lorsqu’un travail fait sens et que la personne est en situation de faire des choix conscients, elle améliore la pertinence de son action et de ses décisions s’ajuste mieux à son environnement et de fait s’implique davantage. L’ensemble de ces aspects génère plus de performance.

Le coaching doit être préventif

Aussi peut-on conclure sur le fait que le coaching est tout à fait pertinent dans l’entreprise du 21è siècle. Pratiqué dans les règles de l’art, dans sa vocation et dans les conditions éthiques prévues par les différents codes de déontologie, il contribue très largement à créer les conditions que nous venons de décrire.

C’est donc un allié précieux du manager débordé et harassé de reporting en tout genre, c’est un outil qu’il faut de plus en plus utiliser en amont de tout changement et dont il faut réduire l’utilisation symptomatique. Si l’on en revient à son origine sportive, les coaches tennistiques n’intervenaient pas après un match perdu, ils préparaient leurs joueurs pour gagner et les suivaient dans la durée !!

http://www.entreprendre.fr/comment-expliquer-le-succes-croissant-du-coaching-en-entreprise

Article de Nathalie STEINBERG, Entreprendre.fr, publié le 3 mars 2016

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